
Il y a quelques semaines, je vous proposais de tester le questionnaire Kano sur les attentes des électeurs pour la présidentielle. En tout 4 questions pour savoir s'ils préfèrent qu'on leur dise ou non la vérité. Nos "sondés" ont répondu de façon unanime qu'ils attendent de la transparence de la part des candidats. Voici les résultats :
Le candidat à la présidentielle doit-il proposer des réformes au risque d’être impopulaire ? 94% des répondants partagent cette attente et 83% seront insatisfaits si cela n'était pas fait.
Le candidat doit-il proposer seulement des réformes qu’il pourra appliquer une fois élu ?
89% des répondants partagent cette attente et 81% affirment qu'ils seront insatisfaits si cela n’est pas fait.
Voici comment comprendre ces résultats . . .
Le sentiment exprimé par nombre d’électeurs au cours de la campagne et largement commenté par les média est que les vrais sujets n’ont pas été abordés jusqu’à présent et particulièrement la nécessité d’adapter notre pays à l’évolution du monde. Le niveau exceptionnel de mobilisation sur les attentes montre ici que le discours politique auquel nous sommes habitués depuis des décennies - fait d’enchantements et de promesses qui au résultat ne sont pas tenables, ni souvent tenues d’ailleurs - ne tient plus et aurait pu laisser place à une analyse objective de la situation suivie par des propositions de réformes courageuses.
Certains candidats s’y sont timidement aventurés mais n’ont pas été audibles car le vote utile focalisé sur MM. Hollande et Sarkozy a remarquablement fonctionné. Postulons que si l’un de ces deux candidats avait fait ce choix de la transparence, il aurait rencontré les attentes des français, ce qui se serait traduit par un vote en sa faveur car les attentes aspirent toujours à trouver une réponse.
Seul l'avenir le dira.
Pour tout savoir sur l'analyse détaillée de cette étude et sur la méthode KANO, cliquez ici.
Benoit Lamothe
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Non, rassurez-vous, aucun candidat n'a parlé de Kano au cours de cette campagne, ni même aucun institut de sondage, c'est d'ailleurs bien dommage. Ce qu'on appelle communément la méthode Kano fut inventée par un professeur Japonais dans les années 80 pour mesurer le niveau d'attente des répondants. En voyant la campagne présidentielle se dérouler, je me dis que les principes du Kano pourraient être d'une grande utilité pour bien cerner le besoin des électeurs.
L'intérêt du Kano est qu'on teste l'attente plutôt que l'opinion. Qu'est-ce à dire ? En testant l'attente on mesure ce que veulent les électeurs alors que les sondages ne font que mesurer l'adhésion des électeurs aux propositions des candidats, ce qui est une toute autre chose.
Voici donc un exercice pratique autour de la présidentielle, l'objectif est de savoir si l'offre politique est en adéquation avec les attentes des électeurs. A vous de juger !
Réponse dans quelques jours
Benoit Lamothe
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Mardi 21 février dernier aux Matins de France Culture, dans une émission sur la stratégie à adopter sur la Syrie, l'ancien Général de Division de l’Armée de Terre Vincent Desportes s'expimait en ces termes:
"La stratégie est un processus d’innovation permanent, il faut toujours créer, s’exprimer, avoir des idées nouvelles pour avoir un temps d’avance sur l’adversaire. En stratégie la volonté est quelque chose de très important. Plus que les moyens et la manière, ce qui est important, c’est vouloir. C’est ce que disait le Maréchal Foch à la fin du premier conflit mondial : « Si je sais quelque chose, c’est que je sais vouloir » C’est parce qu’il a voulu que nous l’avons finalement emporté en 1918. Ceci s’applique au monde des affaires car le volontarisme marque le succès en tout temps et dans tous les domaines."
Dans un monde économique qui a toutes les apparences d'une guerre, les entreprises ont certainement des enseignements à prendre auprès des militaires en adoptant des stratégies claires. Ainsi, notre approche stratégique de situation de crise ASC est directement issue d'une méthode enseignée en Ecole de Guerre.
Général Vincent Desportes : Ancien directeur de l'Ecole de Guerre. Maître de conférence à Sciences Po Paris. Il enseigne la stratégie à HEC. Dernier ouvrage publié : "Le Piège Américain - Pourquoi les Etats-Unis peuvent perdre les guerres d'aujourd'hui ?" mars 2011
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